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L’intelligence artificielle, une avancée à gérer avec intelligence


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En mars dernier, Cédric Villani, mathématicien et député de l’Essonne, a remis le rapport sur l’intelligence artificielle dans le cadre de la mission parlementaire que lui avait confié le Premier Ministre. Ce rapport remarquable de clarté et de pragmatisme décrit la stratégie que la France et l’Europe devraient adopter pour donner un sens à cette technologie qui vient chambouler tous les rouages de l’économie et du social.

Sans rentrer dans les détails du plan de développement visant à renforcer l’écosystème français et européen de l’intelligence artificielle, il recommande de concentrer l’effort sur quatre secteurs prioritaires : santé, transports-mobilités, défense-sécurité et environnement. Si on voit bien les apports de l’intelligence artificielle dans les trois premiers domaines, dont certains tenaient de la science-fiction il n’y a pas si longtemps, cet accent porté sur l’environnement est extrêmement intéressant car il commence par un inventaire des impacts environnementaux négatifs provoqués par la révolution des usages et services numériques et se poursuit par les retombées bénéfiques que l’on peut en attendre. Toute l’ambiguïté de cette nouvelle ère est condensée dans ce rapport.

C’est ainsi que l’association américaine des industriels du semi-conducteur prévoyait déjà en 2016 que les besoins en espace de stockage au niveau mondial en 2040, fondamentalement corrélés au développement du numérique et de l’intelligence artificielle, excéderaient la production disponible globale de silicium. La production d’équipements numériques est également fortement consommatrice de métaux rares, critiques, faiblement recyclables et dont les réserves accessibles sont limitées (15 ans pour l’Indium, dont la consommation a été multipliée par 7 en 10 ans). D’autant plus que certains de ces métaux sont également utilisés pour la production d’équipements nécessaires pour les énergies renouvelables (éolien, solaire). Au-delà du pic énergétique et pétrolier, il est ainsi à craindre un pic de l’utilisation des métaux, alimentant le pic énergétique et pétrolier, puisque toujours moins concentrés, ils nécessiteront plus d’énergie pour leur extraction. D’autre part, ces métaux sont source de pollution des sols lors de leur extraction et en fin de vie des équipements lorsque la filière de traitement n’est pas adaptée.

Par ailleurs, d’ici 2040, l’énergie requise pour les besoins en calcul devrait dépasser la production énergétique mondiale. Les progrès de la blockchain pourraient également faire exploser les besoins énergétiques.

Si le développement de l’intelligence artificielle va ainsi poser des défis gigantesques de gestion des ressources naturelles, il ouvre aussi des perspectives radicalement nouvelles pour la compréhension et la préservation de l’environnement. Que ce soit en termes d’identification et préservation de la biodiversité, de réparation des dommages environnementaux, de modélisation de l’impact des actions en faveur de l’environnement, d’optimisation de l’utilisation des ressources, de mise en valeur des énergies renouvelables ou bien comme outil facilitant les services partagés, l’intelligence artificielle peut contribuer à diminuer toutes les consommations et à amplifier toutes les actions en faveur du respect et de la restauration des écosystèmes régionaux et globaux. De la reforestation par les drones, en passant par la cartographie des espèces vivantes via les nouvelles possibilités fournies par la reconnaissance d’image, l’intelligence artificielle fournit des outils toujours plus nombreux et puissants pour réellement entrer dans la transition écologique.

Pour terminer, voici un message de bon sens du Président de la Banque Mondiale d’origine coréenne Jim Yong Kim délivré ce printemps. Il constate que le monde est de plus en plus riche de capital productif mais que le capital naturel et le capital humain sont devenus déterminants : "S’ils renforcent et valorisent leur capital humain et leur capital naturel, tous les pays pourront s’enrichir et progresser, il ne peut y avoir de développement soutenu et solide si l’on ne considère pas le capital humain comme la composante principale de la richesse des nations".

Ce numéro de Stratégies et Durabilité offre, comme il est d’usage, un condensé de l’actualité sur l’investissement responsable qui a retenu notre attention et décrit les développements du Groupe La Française dans ce domaine. Beaucoup de nouvelles initiatives ont été prises au cours du premier semestre de cette année par le Groupe comme vous vous en rendrez compte à la lecture.